Histoires : Flavigny et les temps qui courent

en quelques images moins courantes

La musique qui accompagne ces quelques images est extraite, avec leur aimable autorisation, du CD, Les Violons de l'Auxois, par les musiciens de Union des Groupes et Ménétriers du Morvan, UGMM. Maison du Patrimoine Oral, 71550 Anost, 03 85 82 72 50, ugmm@wanadoo.fr ... www.ugmm.org, que nous remercions et applaudissons.

Consoude de Bourgogne, XVè

Pot à moutarde du début du XVIIIè, oeuvre d'un potier d'étain de Flavigny.

La Poterie d'étain en Bourgogne
par Roger Verdier et Daniel Allix
Edition la Camosine. Nevers
camoisine.ass@cegetel.net

5 Décoration faîtière

6 Loquet à poucier

... telle qu'on pouvait se la figurer vers 1880. Depuis les gaulois nous sont un peu mieux connus : ils portaient notamment au cou un torque plutôt que des coquillages et des "braies" aux jambes plutôt qu'un pantalon, une tunique sur le torse , etc...

Dessin d'Édouard Zier (1856-1924).

Au dernier siècle avant notre ère, les celtes de La Tène III, après avoir subis les ravages des Cimbres et des Teutons , construisent ou réinvestissent des oppida, villages fortifiés, notamment Bibracte pour les Éduens et Alésia pour leurs vassaux , Mandubiens. A l'emplacement de notre Flavigny qui constituait un éperon barré il y avait probablement un petit oppidum mandubien qui succédait à un ancien village néolithique.


Veni, vidi, vivi

Triomphes de César

César chevauche une licorne dont les pattes se terminent par des pieds humains.
Peut-être que selon la coutume, un serviteur le suivait en répétant au général triomphant : "Memento mori", Souviens-toi que tu es mortel !
Origine de cette frise sculptée dans du pin sylvestre : château de Vélez Blanco, Andalousie 1510-1515 (détail). Musée des Arts décoratifs, Paris.
http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/arts-decoratifs/expositions-23/archives-25/les-frises-oubliees-de-velez/
Après leur victoire à Alésia (- 52 av notre ère) les romains obligèrent les occupants des oppidums à détruire leurs défenses. Il ne resta sans doute qu'un hameau à notre emplacement jusqu'au jour, peut-être au IIè, où un patricien dénommé Flavius ou Flavinius fonda une villae, une exploitation agricole, qu'on nommera Flaviniacum, c'est à dire appartenant à Flavinius.


Installation des Burgondes au Vè, ébranlés par l'effondrement de leur royaume de Worms sous les coups conjugués des Romains et du fléau de Dieu, les Huns. Ils perdirent jusqu'à leur roi Gunther, l'époux de l'indomptable valkyrie , Brunehilde ainsi que le répercutera pour toujours La Chanson des Nibelungen, écrite au XIIIè et loin d'ici.


Dans la place forte qu'il possède, Flaviniacum, le seigneur-abbé burgonde Widerard (Widerardus, Waré ou encore Guiré ) fonde l'abbaye bénédictine en 719.
Tout autour s'enroulèrent au cours des siècles : maisons de petits seigneurs, de clercs, de vassaux, de marchands, d'apothicaires ; des logis et masures, écuries et asiles, estaminets, étuves et fournil, toute une cité avec sa ceinture de remparts et les pampres de ses vignes.

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Le Musée du Louvre, présente six chapiteaux du XIè siècle provenant de l'ancienne église abbatiale Saint Pierre de Flavigny dont celui-ci avec d'étranges quadrupèdes qui se mordent la queue et dont les pattes se terminent par des sortes de doigts.

... "Le maître (de l'atelier) de Flavigny est attentif à l'insertion de représentations animalières sur la face de certains chapiteaux.
Ils reproduisent les thèmes courants dans les tissus en circulation en ce début du XIè ".
Les prémices de l'Art Roman en Bourgogne. Sous la direction de Christian Sapin. Édition de l'Armançon , 1999.

(Louvre : aile Richelieu, salle 1 des sculptures romanes, accès par la cour Marly).
http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=973


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Légendes et fables, traditions orales et fantaisies , donnent encore lieu à de savantes disputes sur l'origine du fameux bonbon à l'anis !
Confiserie fabriquée par les doctes bénédictins relayés par les douces ursulines ?
Gourmandise appréciée du pape Jean VIII (IX è) surnommé Papesse Jeanne pour sa faiblesse vis à vis de l'Eglise de Constantinople et qui de retour du Concile de Troyes consacra l'église abbatiale de Flavigny à l'automne 878. On assure qu'il emporta huit livres d'anis pour agrémenter son voyage de retour vers Rome qu'il avait du fuir quelques mois plus tôt. Espérons que la découverte de cette gravure mettra tout le monde d'accord : la création de cette friandise remonte bien à la Nuit des Temps ?
D'après l'Adam et Ève, d'Albrecht Dürer (1504).


A partir du XIIIè : construction de la nouvelle église paroissiale dans le style "gothique", dédiée à Saint Genès, sur l'emplacement d'une église romane .

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Saint Genès (ou Genest, Genèse, Génis), comédien romain. Il est dit qu'après avoir interprété de nombreuses fois, pour divertir l'empereur Dioclétien, la conversion d'un romain au christianisme puis son martyre il finit pas se convertir lui-même et fût bientôt martyrisé (III è).
Saint patron des comédiens, fête le 25 Août.
Sur les pages du livre qu'il tient ouvert, en latin : Memento mori de la poussière tu viens, à la poussière tu retourneras.
Mais il est plus probable que le saint auquel l'église paroissiale est dédiée soit Saint Genès, évêque de Clermont ( VII è) et donc qu'elle ne le soit au saint comédien que par ricochet.
Musée des Beaux-Arts de Dijon. Sculpture en pierre trace de peinture et dorure, début XVIè.


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Entrée de pèlerins dans l'église Saint Genès au XVè.

Reconstitution commandée par Jean-Philippe Lecat à l'occasion de la sortie de son livre d'art Le siècle de la Toison d'Or, Flammarion 1986


Les habitants de Flavigny, alors chef lieu de canton, ayant refusé qu'une gare soit construite dans la vallée de l'Ozerain, échappèrent à ce genre de spectacle !
Mais bien entendu de belles et saines nourrices flavigniennes, que n'a pas voulu voir H.Daumier, contribuèrent à l'allaitement des petits parisiens.
"De tout temps, le Morvan a été regardé comme la terre de lait par excellence. Déjà les romains rapportaient que les gauloises de Bibracte trempaient leurs seins dans une fontaine du Mont Beuvray pour obtenir en quantité le lait qui nourrirait leurs enfants. Depuis lors, les descendantes chrétiennes de ces femmes ont été constamment recherchées".
http://lemorvandiaupat.free.fr/nourrices.html#sources


Dès lors comment ne pas évoquer le Miracle de la Lactation de Saint Bernard de Clairvaux qui eut lieu, non loin d'içi , à Châtillon-sur-Seine, ainsi relatée à partir du début du XIV è : Bernard, étudiant auprès des chanoines de St Vorles, un jour qu'il était en prière au pied d'une statue de la Vierge prononça "Monstra te esse matrem" (Montrez que vous êtes notre Mère) : alors tout à coup la statue s'anima et la Vierge pressant son sein, un jet de lait atteignit sa bouche entre-ouverte par l'extase. Ainsi reçut-il avec ces quelques gouttes la science des Saintes Écritures et la faculté de prêcher.
Parmi les nombreuses représentations de cette scène dite aussi Vision de Saint Bernard le tableau le plus démonstratif paraît être celui de l'artiste portugaise Josefa de Ayala Figueira dite aussi Josefa de Obidos (Séville 1630-Obidos 1684).

La Porte du Bourg, fin XIV è - début XVè, dite jadis Porte de Barme.

Elle fût d'abord une porte de l'abbaye , à pont- levis jusqu'au XVIIè. La carte postale, est signée Berthe, nouvelle habitante, de Flavigny, qui ne se considère pas du tout comme une pecknaude, (sic).
Avant la Guerre de 14-18, Flavigny comptait encore plus de 900 habitants.

La femme au puits, Jean-François Millet, plume et encre de chine

et le Faubourg fréquenté par une élégante en villégiature.

La causette ...

Le nettoyage de l'étable

cherchez les endroits où furent prises ces photos avant la seconde Guerre mondiale.

Joueur de vielle Louis Aubert, actif entre 1740 et 1780

Air du Coq, recueilli dans les années 1970 sur un coin de table au cours d'un banquet de La Morvandelle.
Le coq était le violoneux de village qui accompagnait les noces à Flavigny et dans les villages des environs à la fin du XIX è.

1, 3, 4, 5 : 
photos Jean-Luc Tahon
2 :
Gravure tirée sur presse taille-douce et "détournée" par Jean-Luc Tahon

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